lundi 19 octobre 2009

Rumba, de Dominique Abel, Fiona Gordon et Bruno Romy


Fiona et Dom sont instituteurs dans une école de campagne. Ils partagent une passion pour la danse latino et sont très amoureux. Les week-ends, ils écument les concours de danse régionaux. Leur maison regorge de trophées. Une nuit, de retour d'un concours, ils tentent d'éviter un suicidaire maladroit, planté au milieu de la route. Leur voiture s'écrabouille contre un mur. Fiona se retrouve alors amputée d'une jambe, et Dom affublé d'une amnésie rétrograde (l'amnésie la plus connue, qui est la perte de mémoire des évènements pré-traumatiques), mais aussi antérograde (la perte de mémoire dites à la Dori, ou de poisson rouge, où le sujet connait des difficulter à fixer de nouvelles information dans son cerveau)...

Superbe film décalé. Ne pas croire d'entrée que dans ce film on danse tout le temps. Loin, très loin de là...
Les auteurs, à la fois réalisateurs et acteurs principaux ont un univers hyper référencé mais qu'ils s'accaparent de façon formidable. Le film, quasiment sans dialogue se regarde pourtant avec une légèreté déconcertante. Cet humour, à la fois décalé, parfois absurde et souvent cruel, et cette façon de raconter essentiellement par l'image peut très bien faire penser à Mister Bean, mais Rumba est bien plus qu'un film humoristique.
Formellement magnifique, quasiment chaque plan est un tableau coloré, où les décors pourtant simples sont transcendés par un cadrage inventif. Voir la photo ci-dessous, où des cages de handball dessinées sur le mur d'un gymnase peuvent devenir magnifiques et donner un aspect original à l'esthétique du film:




Si la mise en scène peut rappeler le théatre ou même l'art de rue, Rumba reste néanmoins bien un film de cinéma pur et dur. En témoignent cette importance du cadrage et certaines scènes au burlesque typiquement cinématographique.
Le ton décalé, l'esthétique et l'univers narratif ne sont pas les seules qualité de ce film, où la relation entre les deux protagonistes principaux parviens à être aussi absurde que touchante. Rare sont les cinéastes qui parviennent à accomplir un tel film, où l'univers décalé et la légèreté ambiante n'empêchent pas l'émotion de filtrer, au contraire même ils la rendent encore plus touchante. Je pense à Kusturica, ou Fellini ... Rien de moins...
Je me matterais bien L'iceberg maintenant, précédent film de la petite troupe...

Une bande annonce:


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