dimanche 30 octobre 2011

Séance ciné oct 2011 (suite)

Tintin
de Steven Spielberg
D'après la Bande Dessinée d'Hergé


Cette séance ciné à été pour moi à la limite du supportable.

J'y ai trouvé toutes les qualités et tous les défauts des deux Steven. Moffat et Spielberg: Ils sont malins, certes, et un grand savoir faire, ok.
Mais ont une facheuse tendance à créer du rythme en enchainant moments forts sur moments forts. Aucune pause, aucune respiration, ou trop infime pour réellement marquer le coup. Les enjeux non plus n'évoluent que trop peu tout au long du film, ce qui fait qu'au final on se retrouve avec un film sans climax, donc finalement assez plat malgré tout ses rebondissements, où les moments forts se noient les uns aux autres, et où le spectateur est ettouffé. Du coup, l'ennui s'installe vite quand les séquences sont plus tournées vers le spectaculaire que vers la narration.
Ce sont les mêmes défauts que je trouve aux épisodes de Moffat depuis les saisons 5 et 6 de Dr Who, et à Spielberg dans ses films d'action depuis Jurassic Park 2.
Néanmoins, je préfère assez nettement la partie du scénario écrite par Moffat que par Wright et Cornish. Moins dans la surenchère et plus malicieuse.

Je ne vais pas me faire des amis auprès des fans de Tintin (ni de Spielberg d'ailleurs), mais cette façon de tout tourner autour de l'action semble un moyen de masquer le manque d'originalité du scénario original. C'est vrai, Tintin ne brille pas par la qualité de ses scénarii. Au mieux, on y trouve de l'imagerie fascinante (les pirates, les cultures étrangères, les extra terrestres, le mythes traditionnels...), des personnages truculents, un humour parfaitement amené... Mais guère plus. Peu de surprise, peu d'orinalité, surtout avec le recul de notre époque et tout ce qui a été fait depuis. Du coup, pour accrocher le spectateur, on enchaine les rebondissements et scènes d'actions. Car passé la découverte du message dans le mat de la maquette du bateau, scénaristiquement, il n'y a plus grand chose d'interessant avouons-le... Un peu facile tout ça...

Sinon, pour ce qui est de la technique, elle est énorme, c'est vrai. Mais loin d'être irréprochable. Au delà du fait qu'on peut encore et toujours se poser la question de l'intérêt de faire un film d'animation tout en utilisant des acteurs et en ayant un style graphique aussi proche du photo-réalisme, les "chocs" (un personnage qui rentre dans un mur par ex) sont toujours un peu "flottants", et les expressions des visages par moment un peu raides (surtout pour le personnage du méchant). A mon avis quelques années de plus auraient été nécéssaire pour atteindre la perfection, pour l'instant c'est le top, mais pas parfait. On peut donc se questionner sur la pertinence de réaliser aujourd'hui un film d'animation quand on sait la technique encore limité pour les ambitions que l'on a. Ajoutons que le style choisi me laisse perplexe. Du photo-réalisme teinté d'un style plus proche de la BD d'Hergé, avec gros nez et tout et tout... Pourquoi avoir le cul entre deux chaises? Pourquoi prendre le risque de perturber le spectateur? C'est certes ambitieux et plutôt bien fait au final, mais les raisons esthétiques de ce choix me semblent plus mégalo qu'artistique. Pour moi, soit on fait un film live, soit on fait un film d'animation, je ne comprend pas tellement l'intérêt d'un mélange batard. Mis à part celle de la démonstation technique. A la limite, pour une adaptation d'un BD franco Belge, on peux se dire que c'est une façon de se rapprocher de la BD tout en conservant la qualité d'un jeu et des émotions des acteurs... Mais dans ce cas, on peux faire de la motion capture intégré à un style graphique plus proche de la BD, ça serait plus respecter l'oeuvre originelle... On dirait que Spielberg n'a pas réussit à se détacher d'une vision réaliste de l'image. Il n'a pas voulu assumer le choix de la BD ou du film live, et à préféré trouver une terrain d'entente. Un choix par défaut, donc, plutot qu'une réelle volonté initiale.

Revenons au film lui-même pour finir. L'intérêt du tout numérique est aussi les possibilités de mise en scène. Et là Spielberg à voulu les exploiter à fond: une liberté totale du mouvement de caméra, des plans séquences dantesques, des ellipses originales... On sent qu'il s'est bien amusé, mais bon nous on s'amuse moins parfois, surtout quand la dynamique patit d'une volonté de mise en scène douteuse, comme dans cette scène finale de course poursuite en side-car où la caméra précède la moto et filme de côté en plan général et en travelling et à la même vitesse, ce qui fait que ça annihile totalement l'impression de vitesse. C'est mou. Naze pour une scène d'action, heureusement ça ne dure que quelques secondes... Les possibilité de la mise en scène numériques sont souvent assez bien exploité néanmoins, même si trop de mouvements me fatigue un peu, mais ça doit être parce que je suis un vieu con aigri.

La seule chose que j'ai trouvé vraiment réussit est la relation Haddock/Tintin,. Ils se complètent mutuellement, et la complicité est là. Le duo fonctionne bien, et Haddock apparaît comme plus qu'un simple faire valoir. Cette relation soulage aussi des début laborieux où Tintin soliloquait sans cesse pour montrer le fond de sa pensé (enfin bon, il faisait comme s'il parlait à Milou, c'est c'est pas très fin tout ça, comme si on ne pouvait pas suggérer ce qu'il lui passe par la tête, non faut le dire tout haut les spectateurs sont bêtes.). Avec Haddock, les explications des déductions de Tintin se font plus cohérentes, puisqu'il s'adresse à Haddock en même temps qu'au spectateur.

Voilà un avis un peu décousu, mais qui résume assez bien le sentiment un peu fouillit que j'ai eu en sortant de la salle...

jeudi 20 octobre 2011

Séance ciné oct 2011

Drive
de Nicolas Winding Refn



Oubliez tous les autres films de voiture. Oubliez-les bien car Drive n'en est pas un. Inutile de tenter de les comparer. Prenez plutôt un soupçon de Pusher pour l'aspect mafieux, un peu de Bronson pour les fulgurances violentes, et une bonne dose de Valhalla rising pour l'ambiance hypnotique. Ces trois références tombent bien: ces films sont tous signé Nicolas Winding Refn, le réalisateur de Drive. On pourrait presque dire qu'il signe là un aboutissement de toutes ses obsessions précédentes, car on ne peut véritablement pas parler ici de redite. Chacun de ses films était très différent et avait comme seul point commun une violence parfaitement retranscrite et une science de la narration et des atmosphères hors normes. Jamais de totales réussites pour moi, mais tous intéressant. Drive, c'est pareil. Le film est loin (mais alors très loin) d'égaler les plus grands films noir ou films mafieux tellement son scénario est fade et sans saveur. Une pur produit de studio, avec des personnages creux, une relation amoureuse insipide (et pourtant au centre du film), et un thème qui tourne autour de la bagnole et qui laisse présager pour les studios des tas de courses poursuites effrénées qui durent des plombent (c'est pour ça qu'il ne faut pas trop détailler les personnages, vous comprenez, ça prendrait trop de place dans le film, mieux vaut les courses poursuites, c'est plus vendeur...).
Bref, vous l'aurez compris, Drive est un film de commande.
Mais Nicolas Winding Refn livre un film qui va au-delà de ce qu'aurait réalisé un quelconque artisan de studio: Une vrai leçon de cinéma, ou "comment transcender un scénario insigifiant".
C'est un cinéaste virtuose, certes, cela est établit depuis quelques films, mais c'est surtout un des rares réalisateur actuel à être capable de rendre compte d'une véritable intensité. Ca faisait longtemps que je n'avais pas vécu au cinéma (en salle) autant d'émotions fortes. Une atmosphère constamment tendue, avec quelques fulgurances sensationnelles.
Le réalisateur compense la banalité du scénario par un choix d'acteur judicieux, qui incarne une profondeur rien que par leur présence à l'écran, Ryan Goslin en tête, impressionnant de finesse et d'assurance. Il préfère également leur conférer un mystère plutôt qu'un bagout inutile et fastidieux. Il se donne du mal à masquer les faiblesses d'une histoire trop convenu et de relations entre personnages si peu écrites. Et il faut dire qu'il y parvient. A moitié. Les miracles ça n'existe pas, mais il faut lui concéder qu'il n'a fait que de bon choix dans sa direction artistique. A mon sens, on ne pouvait guère faire mieux.
Ajoutons que les scènes de conduite, finalement rares (on en compte 2) et relativement courtes (la plus longue est celle d'intro et ne doit pas dépasser 5 minutes), sont d'une intensité incroyable. Jamais je crois que n'ai été autant saisi par de telles scènes, qui m'apparaissaient auparavant comme relativement sans intérêt, même les scènes de courses poursuites dans les films d'action... Je m'aperçois là, qu'avec du talent et un sens de la narration hors norme on peut vraiment tout faire.
Et puis cette ambiance! Tout simplement unique, une sorte de langueur hypnotique, qui parvient à faire passer même les passages les plus cuculs hollywoodiens, tellement le film à un ton inhabituel.
Je ne parviens pas à totalement être convaincu à cause de ce manque d'originalité, et un aspect 80's assumé avec lequel j'ai un peu de mal personnellement, mais décidemment Refn est un réalisateur à suivre, et son prix de la mise en scène à Canne n'est très certainement pas usurpé!

mardi 9 août 2011

Séance DVD août (1)


Kaboom
de Gregg Araki


Gregg Araki réunit ici tout l'imagerie ado contemporaine, comme il avait su le faire dans les années 80-90 avec sa "teen trilogie": Rêves mystérieux, drogue, sexe débridé, couleurs flashouilles, dialogues drôles et décomplexés, complot machiavélique et méchants à l'aspect cauchemardesques. Un petit cocktail détonnant si on sait bien le mélanger dans le shaker adéquat. Et Araki serait un bon barman, sans aucun doute. Un bon cinéaste c'est une autre histoire, mais on ne peut nier le réel talent qu'il a à créer un univers cohérents avec toutes ces influences. Bien sûr, on pourrait lui reprocher de ne rien créer de lui même et de seulement s'inspirer de la culture pop-ado. Mais comme Richard Kelly, il sait plutôt bien s'y prendre, car il n'est pas dans la copie, mais plus dans le clin d'oeil. D'ailleurs, les "méchants", humains surmonté d'une énorme tête d'animal en peluche, ne sont pas sans rappeler le Lapin de Donnie Darko (ou les joueurs du manga Doubt), mais ne sont pas du tout "utilisés" de la même façon. C'est juste l'imagerie qui est similaire, pas le concept. Et c'est par cette imagerie que le film fonctionne, et grâce à ses dialogues amusant, servis par des acteurs au charisme indéniable. La mise en scène n'est peut-être pas au niveau des ambitions du film d'ailleurs, mais Araki s'en sort en créant des situations tantôt cocasses, tantôt intrigantes, tantôt angoissantes, recréant ainsi l'atmosphère type des films cultes adolescents, à la Scream. Mais Kaboom frôle tous ces éléments sans jamais les aborder frontalement, ce qui permet de ne pas tomber dans la redite, mais empêche par la même occasion de les sublimer. Du coup, le film semble avoir des difficultés à se hisser au niveau culte de ces prédécesseurs dans le genre, n'en ayant pas la même "force". Pourtant, les bonnes choses sont là, et le film se suit avec intérêt jusqu'à cette conclusion, tellement simpliste et assumée au second degré qu'on peut penser qu'Araki est parvenu à réaliser le film ado contemporain ultime. Et ce, par son rejet de la profondeur: tout est superficiel, des personnages aux couleurs, en passant par cette prédominance de l'imagerie teen qui place de film dans un idéal cosmétique et donc de futilité assumé. Cette fin nonchalante plante le clou de la superficialité, prônant ouvertement l'absence de finalité à tout ce qui à pu être mit en place tout le long du film.
En gros, c'est fun, le reste on s'en fout.


Les chèvres du pentagone
De Grant Heslov

Etrange film que voilà, que rien ne pourrait laisser penser qu'il s'agit là d'une histoire tirée de faits réels... Et pourtant... Comme quoi la réalité dépasse parfois la fiction!
L'histoire conte comment un journaliste (interprété par Ewan McGregor) prend connaissance un peu par hasard de l'existence d'une section de l'armée américaine visant à former des Super-soldats dotés de pouvoirs paranormaux. Le film débute d'ailleurs sur une scène mémorable où un gradé regarde fixement un mur, grandement concentré, se lève brusquement et s'élance, déterminé à le traverser. On devine comment celà se termine: avec un beau mal de crâne. En celà, cette introduction est exemplaire et donne le ton qui perdurera tout le long du métrage, à la fois absurde, sarcastique, où premier et second degrés s'entremêlent.
Au final, si l'ont excepte quelques scènes d'anthologie (Clooney qui tente de "déchirer les nuages avec le regard" tout en conduisant, par ex), et quelques idées bien poilantes (appeler ces super soldats des Jedis...), le film tourne un peu en rond et peine à trouver de véritables enjeux narratifs. On se croirait dans un trip délirant dont on ne sais jamais où celui-ci va nous conduire. D'ailleurs, tout se termine dans une scène complètement hallucinée d'une armée sous acide, assez ratée d'ailleurs (le réalisateur ne parvenant pas à transmettre la sensation de trip hallucinogène, filmant platement, on à du mal à y croire).
Néanmoins, ce qui fait tenir jusqu'au bout du visionnage c'est ce mélange flou entre fiction et réalité. Certaines scènes sont d'une absurdité qui défie l'entendement, et penser que ce délire complet a en fait une part de réalité plus grande qu'on n'oserai l'imaginer provoque un sentiment de fascination particulièrement attrayant. Etrange sensation que de regarder ce film, constamment balloté entre divers sentiments, plus contradictoires les uns que les autres. Une curiosité à regarder tellement celà parait incroyable, et pour le jeu d'acteur: Clooney y est merveilleux par sa volonté d'y croire et par le sentiment de détresse qu'il transmet subtilement, de diverses manières, tout le long du film.


Achille et la tortue
De Takeshi Kitano


Encore une comédie de Kitano, comme si depuis Doll's -film profondément mélancolique et dramatique- il avait besoin d'un long break de blagounettes pour sortir de la dépression. Il y avait bien Zatoïchi, mais souvenez-vous de cette fin, étrangement festive, qui avec le recul semblait annoncer cette volonté de revenir à quelque chose de plus enjoué.
Bien plus sage que Takeshi's, cet Achille et la tortue nous rappelle les Kitano à l'ancienne, à la mise en scène subtile, plus posé et plus théatral également dans sa construction avec ses enchainements de scènettes. D'ailleurs l'affiche du film nous présente Kitano et Hanako Higushi de telle sorte qu'on pourrait croire en une représentation théatrale, ou mieux celle d'un duo comique comme dans Kids return. Et c'est un peu ça. Le film enchaine les sketchs tous liés par un fil rouge : la quête de la réussite artistique de Machisu, qui vouera sa vie -et celle de son épouse- à sa passion dévorante. On est constamment entre la caricature du milieu artistique, le pathétique de cet artiste incapable d'atteindre ses propres ambitions, les scènes de créativité débridées plutôt loufoques, humour potache, humour noir, chronique familiale, le tout teinté d'un sentiment de tristesse retenu qui donne au film son caractère tout à fait Kitanien. Ou Kitanesque, si vous préférez. Ajoutons un travail plastique sur l'image particulièrement réussit, les cadrages, les couleurs sont à la fois beaux et poétiques. On obtient un vrai bon film, comme seul Kitano sait les faire. Ce n'est certes pas son plus grand film, loin de là, mais c'est avec plaisir que je retrouve ce réalisateur qui c'était un peu perdu, cherchant vainement à se renouveler, et qui parvient là à revenir à ses propres codes sans pour autant se répéter totalement. Une sorte de renaissance. Du coup, il faut que je matte Outrage, voir si cette renaissance est aussi palpable dans le domaine du film de yakusa...

mardi 26 juillet 2011

Séance cinéma de juillet

Harry potter et les reliques de la mort, partie 1 et 2
de David Yates


Le film le plus attendu de l'année et peut-être même de la décennie. Pas pour moi en tout cas, surtout à la vue des précédents films tous plus décevants les uns que les autres.
Alfonso Cuaron et David Yates sont les deux seuls réalisateurs ayant bossés sur cette série qui remontent un peu le niveau, car ce sont les seuls qui ont eu une vraie "vision" de l'oeuvre. Bien entendu, cette vision est toujours entachée par celle de la production, qui veut rendre l'oeuvre toujours plus accessible, toujours plus simple, toujours plus fade finalement. Ce qui avait posé quelques problèmes au film d'Alfonso Cuaron, Le prisonnier d'Azkaban, terni par quelques graves coupes et par une fluidité narrative douteuse (alors qu'il suffit de voir n'importe quelle autre film de Cuaron pour être convaincu que s'il y a bien quelque chose qu'on ne peut pas lui reprocher c'est d'avoir une narration d'une fluidité exemplaire).
David Yates, depuis qu'il est aux manoeuvres, s'évertue à rendre l'ambiance plus réaliste et garder une cohérence rythmique et narrative tout au long de ses films. Chose qui n'avait jamais été le cas auparavant. L'ambiance de plus en plus sombre des précédents opus, si elle était flagrante d'un point de vue purement visuel, pêchait par une approche trop "féérique" (jouant avec l'émerveillement que provoque la magie) et une réalisation trop axées sur les péripéties, ce qui au final empêchait la mise en place d'une véritable atmosphère angoissante, pesante, et réellement sombre... En cela Yates a apporté une vraie vision cinématographique, puisqu'en rendant ses films plus réaliste, il donne au récit un aspect tout à coup moins enchanté et donc bien plus terrible.
Restait le problème des coupes phénoménales, point noir absolu de tous les films de la série, et dont chacun à sa sortie à connu des remontrances plus ou moins virulente de la part des fans en furie. Il faut dire que les roman de J.K Rowling sont si denses qu'il devient quasiment impossible de réaliser des coupes sans oblitérer tout ce qui fait le sel de ses romans à savoir la qualité des intrigues (écrits comme des polars aux indices distribués au comptes goutte) et des relations entre les personnages (d'une finesse et d'un réalisme rare dans le genre du roman fantastique jeunesse).
Depuis au moins le 3eme volet de la saga, il paraissait évident aux fans qu'il serait indispensable de couper les films en deux. Ou de rallonger leur durée (de déjà plus de 2h chacun!). Ce qui était impensable pour les producteurs et distributeurs des films à l'époque. Bien dommage, quand on voit le résultat: des films rythmiquement irréguliers, qui manquent de fluidité, ou tout s'enchaine trop vite, où les personnages sont trop peu développés et où certains détails essentiels à la cohérence de l'intrigue sont laissés de côté...
L'arrivée de David Yates sur L'ordre du phoenix à permit non seulement d'accentuer l'atmosphère pesante qui s'accorde à l'évolution de l'oeuvre littéraire, mais aussi de trouver en lui le seul homme capable de faire des coupes cohérentes, qui, si elles sont parfois décevantes (certains passages parmis les plus intéressant de la saga sur la jeunesse de Voldemort dans le prince de sang mêlé on été "oubliées") permettent au film de garder une cohérence et une telle fluidité qu'on peut dire qu'il est le premier réalisateur de la série à réellement faire des films qui ressemblent à des films!
Il est également le seul à avoir pu faire plier producteurs et distributeurs en leur faisant comprendre qu'ils avaient tout à gagner en sortant deux films pour le prix d'un (mais d'un gros budget, certes).
Le choix de couper ce dernier épisode s'avérait donc à priori judicieux, autant du point de vue des spectateurs, qui devraient se retrouver face à une adaptation plus cohérentes et complète qu'elle n'a jamais été, que du point de vue des financiers, qui rentreront 2 fois plus d'argent. Le problème est qu'au final, cette affaire ressemble plus à une affaire de gros sous que de soucis artistique. En effet, les reliques de la mort est très certainement l'épisode de la saga le plus facile à élaguer ! Et on s'en rend vite compte en regardant la première partie du film, franchement mollassonne et creuse à souhait. Elle pourrait être résumée de façon très simple, sans aller jusqu'à la version volontairement satirique du blog d'un odieux connard, que voici:
"Résumé des épisodes précédents : Voldemort le vilain sorcier essaie de tuer Harry Potter depuis 7 films [...]. Las, le gentil héros a décidé de partir se changer les idées en faisant du camping avec ses amis Ron et Hermione. Mais c’était sans compter sur les méchants qui se décident à pourrir leurs vacances…".
En bref, les héros doivent rechercher les fameux Horcruxes dont ont apprend l'existence à la fin de l'épisode précédent. Le problème est qu'il ne savent pas où chercher ! On a donc une série de scènes de déambulations ou de questionnement statique, prétexte à développer certains aspects de la personnalité des personnages... Enfin, surtout prétexte à rallonger à mort... Ce problème d'inconsistance du premier film est essentiellement dut au livre, dans lequel, il est vrai, il ne se passe pas grand chose durant une bonne première moitié. On n'a plus le côté enquête qui faisait le charme -et donnait le rythme- des précédents opus, l'aspect aventure est relégué au second plan, reste les personnages, qui avouons-le tournent un peu en rond depuis quelques épisodes... D'où, pour moi, la sensation que ce dernier volume de la saga aurait put plus facilement être tronqué que les précédents...
D'aucun rugiront en me rappelant que cette première partie contient son lot de séquences "d'aventure". Oui, c'est vrai, comme la scène d'introduction ou celle du ministère de la magie, mais elles semblent plus être là pour relancer un peu la dynamique du récit qui pâtit grandement d'un manque de rythme évident. Elle ne suffisent pas à elles-seules à compenser le manque d'intérêt de la quasi totalité du film.

Venons-en à la 2ème partie, sortie ce mois de juillet 2011... Et bien, elle rattrape le coup. Non pas que le film soit merveilleux en soit, mais déjà, on ne peux nier qu'il s'y passe des choses ! On ne s'ennuie pas, les péripéties s'enchainent à un bon rythme, et le film parvient même à rendre prenant l'immense scène de bataille de la fin, alors que dans le livre un sentiment de confusion régnait, le lecteur survolait la scène plutôt que de la vivre (alors qu'habituellement Harry Potter est une série très immersive). Là, David Yates n'a jamais oublié de raconter, là où Gore Verbinsky (avec Pirates des caraïbes 3) et Peter Jackson (avec le 3eme volet du Seigneur des anneaux: Le retour du roi ) se sont plantés en exposant de grandes batailles sans intérêt parce que sans histoire. Pourtant, Steven Spielberg avait montré l'exemple il y a déjà 30 ans avec les Indiana Jones, et même le (lamentable) dernier volet savait raconter les scènes d'actions de façon à ne pas endormir le spectateur... David Yates, sans aller jusqu'à l'inventivité des meilleures scènes d'actions de tous les temps, parvient donc à maintenir l'intérêt, en maintenant les enjeux à l'écran, sans les diluer sous une masse d'informations annexes. Il parvient même à faire passer des sensations, choses nouvelles dans un Harry Potter au cinéma ! Il crée une atmosphère de désespoir et d'épuisement qui n'est certes pas originale, mais qui fonctionne ! Enfin une émotion non surfaite dans la série, choses sur laquelle tous les autres réalisateurs (lui y compris) s'étaient plantés jusqu'à présent, échouant lamentablement à retranscrire les sensations éprouvantes que le lecteur des romans peut ressentir par moment.
Notons néanmoins que le film n'est pas exempt de gros défauts, mais pour sa défense, la plupart étaient déjà dans le livre. Quelques scènes ou révélations bien tirés par les cheveux ternissent le tableau, mais globalement le film remplit son contrat de divertissement, et je dois avouer que pour la première fois depuis le début de la série au cinéma, j'ai passé un bon moment.
Notons aussi que si cette 2ème partie est tout aussi fidèle que la première, elle parvient en plus à rester d'une grande cohérence avec la série cinématographique (la présence des elfes de maison de Poudlard dans le combat final aurait été incohérente puisque les films n'ont jamais expliqués qu'une bonne centaine vivait dans les sous-sols du chateau préparant la popote pour les élèves), et à faire des choix judicieux (Harry brisant la baguette).
Sans parler de franche réussite, le film remonte -un peu- le niveau d'une série qui sur le papier avait toute les chances d'être une bonne série de divertissement et qui au final est plutôt inégale, voire très mauvaise...

Le choix d'allonger la durée du film et de le diviser en deux à été partiellement payante, mais c'est surtout dut à la configuration du roman. Néanmoins, il porte ses fruit sur la deuxième partie, la plus riche et variée. Mais ce choix aurait dut être celui des producteurs depuis bien longtemps, et c'est regrétable qu'il n'arrive que maintenant celà aurait pu éviter de gâcher le réel potentiel filmique de l'une des séries de roman d'aventure la plus enthousiasmante de ces dernières années...



dimanche 24 juillet 2011

séance DVD juillet


Buried
de Rodrigo Cortes

Un camionneur transportant de l'aide humanitaire en Irak se fait enlever, enfermer dans un cercueil et enterrer vivant. Seul contact avec son ravisseur: Un téléphone portable par lequel il reçoit menace et demande de rançon et tente de demander de l'aide. Tout le film se passe à l'intérieur du cercueil, ce qui en soit est un exploit, car le film parvient à maintenir un rythme correct et à renouveller l'intérêt. Evidemment, tout celà n'est pas parfait, celà tiendrait du miracle. Le rythme à beau tenir le coup, il reste innégal. S'il garde une certaine efficacité c'est justement parce qu'il est relancé régulièrement, mais on s'aperçoit vite que le concept limite particulièrement mise en scène, péripéties et psychologie des (du) personnage(s). Ce qui pèse vraiment sur l'ensemble. Ajoutons que la mise en scène est peut-être trop recherchée (un comble), ici la meilleure efficacité aurait peut-etre été de jouer sur l'ambiance et le cloisonnement. Là la caméra tente d'etre très libre, mais en même temps reste très limité. Ce qui donne une mise en scène un peu trop le cul entre deux chaises. Le réalisateur plutot que de forcer le respect par l'inventivité de ses mouvements de caméra en lieux très limité, aurait peut être plus dût jouer sur la sobriété et restituer l'étoufement par des effets de cadre. La mise en scène n'aurait pas semblé chercher à réaliser l'impossible, elle se serait contenté d'etre efficace et tournée sur l'ambiance plutôt que sur un rythme "hollywoodiennisé".
Au final, on a un film assez inégal, mais qui reste interessant a regarder, parvient à maintenir un rythme correct tout le long du film, et qui connait un final digne d'intérêt.


Triangle
de Christopher Smith

La dernière fois je vous avez parler de Black Death, du même Christopher Smith. Un film qui m'avais donné envie de découvrir ses autres réalisations. Smith est un spécialiste des films de genre, mais qui reste particulièrement attaché au cinéma indépendant, refusant depuis des années l'appel des majors américaines. Triangle, thriller spychologique, mélange des genres entre slasher et film fantastique et polar avait tout pour me satisfaire sur le papier. Malheureusement, je suis finalement bien moins enthousiaste...
Jess semble un peu déprimée, mais accepte de passer la journée sur le bateau d'un ami, avec d'autres amis à lui, qu'elle rencontre pour l'occasion. Pris dans un soudain orage magnétique, le bateau se retourne et les passagers guettent les secours. Un énorme navire de plaisance passe par là, mais il s'avère vide. Les naufragés commence à se faire assassiner un par un.
Difficile de parler des défault du film sans révéler les éléments les plus important et surprenant de l'intrigue. En gros on aura du voyage dans le temps, ou plutot un dérayement du temps, comme avec un disque rayé, ce qui faira répéter les même scènes à l'infini. A l'héroïne de parvenir remetre "le disque du temps" en place... Le probleme avec les voyage dans le temps ce sont les incohérences, et là le scénario ne déroge pas à la règle. Incohérences malencontreuses ou facilités volontaires? Difficile à dire, mais le résultat est le même. Mais ces incohérences ne sont pas le plus grand des problèmes. Ce qui est plus génant c'est que pour remettre tout en ordre l'héroïne devra revenir à la "normalité", et qui dit normalité dit manque de surprise. A partir du moment où on comprend ce qu'elle doit fair, tout est cousu de film blanc sans surprise. On espère tout le long du film qu'il va y avoir un retournement de situation digne de ce nom, mais en vain. Chaque twist remonte plus loin dans le temps, renouvellant l'intérêt et l'espoir de se retrouver face à une situation innatendu... Mais ça ne vient jamais. Au final on se retrouve avec une grande déception, de ce qui devient plus une grande tragédie fantastique prévisible plutôt qu'un film à tiroir surprenant. Alors qu'il en avait tous les apparats.
Dommage, parce que le concept était prometteur, et la réalisation de Smith meilleure que jamais. Il faut avouer que les cadrages et le jeu sur l'image vraiment réussi (très nette aux couleurs saturées au début, plus floue et désaturée à la fin), mais ça ne suffit pas à faire un bon film...



Monsters
de Gareth Edward

Voici un film de monstre pas comme les autres. Un genre qui revient bien à la mode ces temps-ci, bien des années après le dernier Alien. L'intérêt d'une mode reste dans le travail de ceux qui vont en avoir marre de mater toujours la même chose, les mêmes effets, les mêmes idées... Si l'ont devait rapprocher le film de Gareth Edward d'un autre film de monstre, ce serait plus vers District 9 qu'il faudrait lorgner, même si les deux films retent bien éloignés. En effets, District 9 avait un propos socio-politique évident, et finissait dans un enchevetrement de scènes d'actions en tout genre. Ici, rien de tout ça, Monsters est l'histoire d'un couple, qui se rencontre à l'occasion d'une traversée du costa rica en direction de la frontière américaine. Le mexique et le costa rica sont devenu des zones de quarantaine depuis qu'une sonde de la NASA s'est écrasée dans la jungle, libérant des particules d'une forme de vie extra terrestre. La zone, infestée de monstres gigantesques est trop dangeurese pour être emprunté. Pourtant, c'est la seule route que peuvent prendre les deux personnages, une traversée par la mer étant trop honnereuse. Tout le film garde le contexte en trame de fond, mais tout se base sur la relation entre les deux personnage, très crédible, assez sensible, même si parfois la répétition se fait sentir. Il faut dire que le film à été tournée en totale improvisation, ce qui donne des scènes merveilleuses, comme d'autres à l'intérêt limité. Néanmois, l'approche est intelligente, sensible et le film interessant.
La scène de fin, aussi surprenante que magnifique, apporte un plus indéniable à ce film tout en finesse, qui ne vous fera pas frémir, mais pourrait très bien vous émouvoir.

mercredi 6 juillet 2011

séance DVD juin


Scott Pilgrim
d'Edgar Wright
D'après la BD de Brian Lee O' Malley


Yo, j'ai matté Scott Pilgrim, le film de geek pour les geek adapté de la bd geek à succès de Brian Lee O Malley!
Et bien que je ne sois pas fan de la BD (pas assez efficace à mon goût), il faut avouer que le film est assez incroyable! Alors bon, faut pas pousser mémé, c'est pas non plus le meilleur film de l'année, mais le nombre de trouvailles narratives et visuelles force le respect, et c'est surtout hyper cohérent avec le propos ado/geek de la BD. Finalement, il parait normal de proposer un film qui ressemble à un clip, dont le rythme est hyper dynamique (sans être étouffant non plus) comme dans une bonne pub, à un public qui ne se nourrit exclusivement que de ça, ou presque. Oui le public cible est l'ado boutonneux, ou le jeune adulte dont le cerveau est resté coincé vers le début des années 90. Oui les références aux jeux vidéo, aux mangas de baston et au romantisme adolescent un peu niais sont multiples. Oui, le scénario est aussi profond que celui du premier Super Mario Bros (le rock garage amateur remplacant la plomberie). Oui, les scènes de combat sont aussi crédibles qu'un affrontement entre goku et freezer en plein épisode de Dawson. Mais le pire dans tout ça, c'est que c'est ça qui est bon !!!Autant dans la bande dessinée, on ressentait trop à mon goût le coté BD indé américaine classique, qui parle du quotidien, des amourettes et de musique rebelle. Dans le film, c'est vraiment l'aspect jeu qui ressort (le scénario à la super mario bros se ressent plus immédiatement que dans la bd), et du coup on s'amuse. Même si le système de référence nous gave, on ne peut nier l'aspect fun du truc. On sent que les gars se sont éclatés à imaginer tout ça, et c'est communicatif.
Le point noir principal pourrait être le dynamisme survolté de la mise en scène et du montage. Mais finalement, je m'attendais à pire, à un truc qui part trop dans tous les sens alors que non, l'ensemble est très cohérent et assez facile à suivre. Je dirais même que le dynamisme est très moderne, et assez unique en son genre. Ca m'a un peu fait penser à la dynamique et l'énergie du film Kick ass, mais en plus poussé et aboutit. Ce qui est assez épatant en soit. J'ai même été impressionné par le nombre de trouvailles dans les ellipses, à mon avis le film fera date à ce niveau là.
Dommage qu'il n'ai pas trouvé son public, car je pense qu'il aurait pu cartonner. En tout cas, y a des chance qu'il devienne culte dans quelques années. Mais il faut avouer que ça manque quand même de profondeur tout ça... même si c'est vrai que je me suis bien éclaté à le mater. Disons que Scott Pilgrim le film c'est un peu comme one piece le manga, on en ressort rien, mais qu'est-ce qu'on s'amuse! :)

Black death
de Christopher Smith


Derrière cette affiche ringarde au possible se cache un petit bijou.
Un petit budget sortit direct in video qui est non seulement très bien foutu au niveau de la réalisation (il rivalise avec les meilleurs films américain traitant de la période du moyen age), mais en plus le scénario est très très bon, prenant des partis pris intéressants avec pour sujet principal les croyances (en tout genre), dans tout ce qu'elles peuvent avoir de plus terrifiantes comme conséquences.
Le moyen âge et sa cruauté sont dépeint sans concession, à tel point que le Robin des bois de Ridley Scott passe pour une adaptation de Martine à la ferme à côté.
Les personnages sont bien ficelés, les acteurs très crédible et qui n'ont pas rechigné à se faire dégueulasser les dents, eux. La réalisation est aux petits oignons, le scénar intelligent et efficace avec une vraie profondeur dramatique (c'est pas star wars quoi). Ca fait plaisir quand on s'attend à pas grand chose d'avoir un tel film! Je l'ai vu en dvd (prit à la bib), et je me le suis acheté en blu ray 8 jour après. Du coup j'ai envie de voir Triangle, dernier film du même réalisateur, un thriller psychologique qui a de bonnes critiques un peu partout... Et aussi mater ses premiers films, apparemment cultes: Creep et Severance.

Raiponce
de Byron Howard et Nathan Greno


Après Black death, on avait un peu envie de mater un truc plus... léger dirons nous... Le dernier Disney arrivait donc à point à la médiathèque :)
Comme me l'a dit un ami: "boah, tu verras, tu l'as déjà vu ce film..."
Oui Raiponce peut être abordé comme une sorte de remake d'Aladdin. On prend les même recettes, on change ce qu'il faut pour que ce soit le même film, et hop, miracle, un nouveau chef d'oeuvre. Ou pas.
Bon, il faut avouer que ce film n'est vraiment mais alors vraiment pas un chef d'oeuvre! On s'y attendait un peu il faut dire... Ca fait des lustres que Disney n'a pas brillé dans le domaine du film d'animation. Même si leur technique est toujours à la pointe (bien que Pixar soit toujours un cran devant à ce niveau là), au final le film manque cruellement de renouvellement pour réellement briller. Dommage parce qu'il y avait une réelle volonté d'allier la tradition Disney avec une certaine modernité, mais du coup ce qui faisait l'essentiel des anciens Disney - à savoir une certaine atmosphère, une poésie- à complètement disparu au profit d'un romantisme niais et d'un humour ravageur. Car oui, l'humour est lui très moderne et réussit (même si je préfère la subtilité de l'humour de Bambi ou Bernard et Bianca, que le côté plus "gaguesque" des récents disney). Ce sont notamment les personnages qui sont truculents: Le cheval en tête ! Notons que depuis la princesse et le grenouille, il y a une volonté de moderniser les héros. Le prince est toujours plus ou moins un sale gosse et la princesse une femme moderne qui prend sa vie en mains. Cette vision apporte une certaine modernité assez sympathique, bien que la recette commence à être trop évidente, attention au prochain!
Et puis, vraiment, il faut qu'ils arrêtent les chansons, c'est trop pénible!
Sinon, globalement grâce à l'humour et à son rythme de film d'aventure, Raiponce est un bon divertissement familial, même s'il n'en mène pas large cinématographiquement parlant... Disney à encore du pain sur la planche pour revenir au sommet...

mercredi 8 juin 2011

Séance ciné de Mai


Source Code
De Duncan Jones


Si je voulais voir ce film, c'est pour l'origin
alité du concept et pour Duncan Jones, le réalisateur, qui a fait Moon: un film de SF plutôt pas mal dont je m'étonne de ne pas avoir parlé ici. Certainement par manque de temps. Rapidement Moon manquait un peu d'ambition et de puissance (les thématiques sont là, mais n'amènent à pas grand chose), mais qui parvenait tout de même à intéresser par bien d'autres aspects, notament son approche de la SF qui revenait aux années 70 post 2001 l'odyssée de l'espace. De la SF comme on en fait plus, en somme, et ça ça m'a fait plaisir. J'ai tendance à préférer la SF quand elle va s'interesser aux questions plus qu'aux univers ou aux effets. Néanmoins, de Source code, je n'en attendais pas tant, je savais avant d'y aller qu'il s'agissait d'un film de studio avec une ambition de divertissement 1er degré avant tout. Mais j'espérais que Duncun Jones saurait apporter sa patte, et qu'il exploiterait certaines de ses thématiques personnelles... Et bien j'ai eu ce à quoi je m'attendais ou presque. Oui, presque, parce qu'on ne peut pas dire que Jones ai su vraiment exploiter quoique ce soit, mais il a néanmoins apporté une dimension humaine à un film qui aurait très bien pu rester du divertissement bébête ou purement formel voire conceptuel. C'est plutot une bonne chose, même si ca reste du domaine de l'infime. Après, qu'ai-je pensé du film du point de vue divertissement? Pas une réussite non plus. Ca manque cruellement d'idée au niveau des péripéties, c'est attendu sans grande surprise ni tension. Malgré tout, j'ai apprécié de regarder ce film pour son originalité, ça change des standarts hollywoodiens -je pense que le succés d'Inception y est pour quelque chose-. Aussi, la construction du film permet d'accrocher à l'histoire, quelques questions intrigantes restent en suspend quasiment jusqu'au bout, ce qui nous permet de tenir jusqu'à la fin, car finalement, ce sont les questions humaines (la famille, l'aliénation, la mort) qui tiennent en haleine plus que le côté polar du film. L'enquête est assez naze en soit, mais le film est bien mieux que cette enquête.
Je pense que c'est un film à voir par curiosité, même si c'est loin d'être un indispensable. Pas une réussite (difficile quand les studios tirent les ficelles), mais un film intéressant pour ce qu'il aurait pu être.


Minuit à Paris
de Woody Allen


Je ne suis pas toujours fan de Woody Allen, surtout de ces derniers films. Même si j'avais bien aimé Vicky Christina Barcelona, sorte de réalisation fantasmé d'un auteur qu'on sait sensible à l'art et à la séduction (et Whatever works m'avait bien fait marrer). Ici, ce sont les mêmes grandes thématiques: le fantasme, l'art, la séduction. On à une vision de Paris totalement fantasmée, accés sur ces grands "aspects" (jamais on y parle de la pollution ou de la circulation par ex...), où Owen Wilson campe un Woody Allen parfait. Car oui, Wilson joue le même rôle que tenait Woody à chacun de ses films dans les années 70: passioné, exalté, relation de couple conflictuelle, verbiage, humour décalé et sarcastique... Les névroses en moins tout de même. On dirait qu'en vieillissant, les névroses de notre jeune Woody se sont transformés en désir de mettre en image ses fantasmes, sexuels ou non. Ici, il est peu question de sexe, mais bien de fantasme donc, entre sa vision idéalisée de Paris et son amour inconditionnel pour le milieu artistique et ses grands représentants, il nous propose sa vision (quelque peu caricaturale, car il s'agit bien encore et toujours d'une vision fantasmatique) de Matisse, Picasso, Hemingway, Braque, Toulouse Lautrec, Zelda et Scott Fitzgerald, Dali, Bunuel... Et je dois avouer, que malgré que ca vision soit purement fantasmée, ça fonctionne, je suis bien rentré dedans! Ca doit être à cause du postulat de base, suffisament irréaliste, pour que n'ai pas l'impression que Wooody cherche à nous arnarquer en voulant nous proposer une vision réaliste de la chose. Non, on est dans SON rêve, alors laissons-le rếver. Les dialogues fonctionne bien, comme souvent, l'histoire est plus fascinante de par la présences de grands personnages et de leurs échanges que par la véritable originalité des péripéties. Personnellement, je suis bien entré dans son fantasme, et apprécié d'y voir représenter les artiste, et je me suis rendu compte que moi aussi c'est un univers qui me fascine. Sinon, évidemment comme toujours avec Woody Allen, l'amour est une chose complexe et le désir, qui peut paraître simple pour certains personnages ne l'est jamais pour celui qui le représente. Pour moi ce film se situe entre Whaterver works et Vicky Christina Barcelona, car il est plus drôle que ce dernier, mais moins marrant que WW, et il a plus de profondeur que WW sans atteindre les profondes questions de couples de VCB... Un Woody dans la moyenne, quoi.